Article du journal "Tous Montreuil"

Publié le par Tous Montreuil





Voici un article dans le journal de Montreuil sur notre assoication l'Art de la Paix, par Adama Sissoko.




Quand parler de la double identité crée la polémique

 

Visionné plus de 5205 fois sur Internet, le film sur la double identité réalisé par l’association L’Art de la paix a fait

beaucoup de bruit de Bagnolet à Montreuil. Lumière sur un film qui traite un sujet sensible.

 

 


Mettre l’art au service de la paix, c’est l’idée d’un groupe d’amis, pour la plupart anciens élèves du lycée Jean-Jaurès qui, unis par leur passion de la vidéo, décident de rebondir sur des sujets d’actualité, caméra en main. À leur actif : visite de camps de réfugiés palestiniens et de concentration en Allemagne, rédaction d’articles sur ce qui touche leur quartier. Leur but ? Dire ce que l’on n’entend pas, traiter des sujets qui préoccupent les jeunes et inciter au dialogue même sur ce qui fâche.


C’est dans la précipitation qu’ils décident de réaliser Ma double identité, en guise d’introduction au débat sur le même thème. La méthode ? Se promener dans le quartier et poser la question « Te sens-tu français ? ».

« Nous avons recueilli des ressentis sincères, explique Mohamed, l’un des membres du groupe. Nous ne pouvons pas les juger ni les ignorer simplement parce que ça ne plaît pas. » Certains propos comme : « Ce pays ne m’accepte pas et fait en sorte que quelqu’un comme moi ne se sente pas chez lui » ou « On est considéré comme des sous-Français » sont des phrases dures que l’Art de la paix refuse de passer sous silence. « Au lieu de s’insurger contre ces paroles, demandons-nous plutôt pourquoi sont-elles dites ! » s’emporte Youssef.

 

 

Des hauts et débats



Leur projection a donné lieu à un débat vif, perçu comme négatif par certains militants politiques. Qu’est-ce qui a mis le feu aux poudres ? Le malaise tel que l’énonce les personnes interviewées ou le sujet très sensible ? « La polémique, commente Mohamed, est surtout née d’un clivage fort entre tendances politiques qui instrumentalisent la thématique de la jeunesse. Car Stéphane Beaud, le sociologue présent n’a pas trouvé cela choquant. » D’autres comme le maire de Bagnolet, ont proposé une autre piste de réflexion : « On a une seule identité, celle de sa propre personne. Avoir une double identité s’appelle de la schizophrénie.» Une piste qui se veut positive mais difficile à faire entendre dans un débat houleux.

 

 

Si les membres de l’association reconnaissent que ce sujet mérite d’être traité avec plus de temps et de recul, ils revendiquent la volonté d’apporter de l’espoir et conseillent à tous les jeunes d’être acteurs de leur avenir. Militer, débattre c’est une des solutions pour avancer. C’est ce qu’ils ont fait les 7 et 8 novembre avec 3 sociologues pour débattre sur les rapports entre les jeunes et la police à Bagnolet. Encore un sujet chaud. L’Art de la paix passe décidément par des confrontations difficiles mais indispensables.

 

 

Adama Sissoko

 

Publié dans Evénement

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