Réponse de Mohamed Hakem aux Verts de Bagnolet

Publié le par Mohamed Hakem

Avant tout, je tiens à réagir car les accusations proférées contre l’AJN sont extrêmement graves et dénuées de tout fondement.


Ma première réaction était de faire fi de votre tissu de mensonge dont vos propos ne relatent que ce que vous avez bien voulu tirer du débat. Je regrette également que vos actions et vos idéologies pour notre ville soient aussi faible que votre existence politique à Bagnolet. Vous ne trouvez pas d’autres moyens de « taper » sur la politique du maire que de vous attaquer à une association qui n’a absolument rien à y voir et dont les actions restent totalement indépendantes.


Il me semble que cous aurez beau chercher autant que vous le souhaiterez la moindre trace d’une participation de la municipalité dans l’organisation de cette soirée, et vous ne trouverez rien. Absolument rien.


 Vous me demanderez mon positionnement dans tout cela. Dois-je vous rappeler que j’ai œuvré pendant près de 10 ans (depuis sa création) en tant que président de l’Association Jeunesse la Noue. Dois-je vous rappeler ô combien l’AJN a œuvré, œuvre, et continuera d’œuvrer pour le « Mieux Vivre dans cette Ville » ? Mais comme vous ne connaissez probablement pas cette ville et encore les jeunes de notre population, alors je me permets de vous en donner un petit aperçu.


L’AJN dispose aujourd’hui d’une section sportive composée d’une équipe de basket-ball et de plus de 15 équipes de football dont les 350  adhérents sont âgés de 6 à 45 ans, sans compter nos bénévoles dont certains sont âgés jusqu’à 70 ans. A ce propos, l’AJN a créé voilà 3 ans une équipe de football féminine. Cela est tout de même étrange pour une association « terroriste » comme vous le dites ! Mais, peut-être devrions-nous leur demander de porter la « Burka » pour vous faire plaisir et donner de l’eau à votre moulin ? Sachez que notre association ne fait et ne fera jamais de distinction entre les individus quelque soit leur origine, leur âge, leur sexe et même leur idéologie politique. Il devient même inquiétant de devoir justifier cela pour notre association et pour une association en général. Mais, je vous laisse le bénéfice du doute et de la méconnaissance. Cette même méconnaissance qui pousse souvent à porter des jugements sur les gens sans les connaître. Cette même méconnaissance entre les individus que nous combattons au quotidien. Parce que nous pensons profondément que le « Vivre Ensemble » est favorisé par la rencontre et l’échange entre les individus.


Par ailleurs, à travers deux éditions d’un stage d’insertion professionnelle par le sport (« un stage de foot pour l’emploi »), l’AJN a permis le retour à l’emploi durable de plus de 20 jeunes de notre villes, en partenariat avec de grandes entreprises de notre territoire.


L’AJN lutte pour la culture de la paix par le biais de projets de « solidarité internationale ». A ce titre, des jeunes de l’association ont activement participé à l’organisation d’activités d’animations dans des pays du « Sud ». Ce fut le cas par deux fois au Sénégal où les jeunes ont, en parallèle, mis la main à la patte pour construire une salle de classe et un terrain multisports au sein du lycée d’un village de Sokone (300km de Dakar). Le financement de l’action a été entièrement mené par les jeunes et l’association. Des subventions du Ministère des Affaires Etrangères et du CROUS ont complété les fonds récoltés lors d’actions d’autofinancement. Ce fut le cas également à Chatila où des jeunes de notre association ont organisé de nombreuses animations sportives et ludiques. Je cite très volontairement cet exemple, car je vous imagine déjà vous faire des films et vous torturer l’esprit pour imaginer le pire. Et je me permets d’en rigoler. Et non, à votre grand malheur, que ce soit au Sénégal ou à Chatila, les populations sont mixtes et sont composées de musulmans et de chrétiens, tout comme les groupes de l’AJN ayant pris part à ces séjours. La confession (ou non confession) de chacun n’est pas l’affaire de notre association. Le souci de l’AJN est de permettre le « mieux vivre ensemble » en favorisant les liens interindividuels, interculturels et intergénérationnels entre les habitants de notre ville (mais aussi les autres).


J’en profite pour remercier tous les adhérents de l’association et surtout tous les bénévoles, hommes et femmes de tous âges et de toutes confessions, sans qui l’association ne vivrait pas. Et donc sans qui de nombreux jeunes n’auraient probablement jamais pu accéder à une activité sportive, car la spécificité de l’association a été de proposer des tarifs accessibles et de toujours favoriser la scolarité des enfants à leur activité sportive. Une association sans qui, une vingtaine de jeunes (65% de réussite) ne seraient pas retourné à l’emploi durable. Sans qui, de nombreux jeunes n’auraient pas vécu l’expérience extraordinaire d’un chantier international. Sans qui, un groupe de 7 jeunes ne participeraient à la fin de ce mois à un échange « européen » avec des jeunes de Suède. Oh mince, ils parlent avec des européens ! Oui, nos jeunes n’ont aucun problème de ce point de vue contrairement à vous qui les juger sans les connaître.


Et sachez que le débat, sur lequel vous déblatérer plutôt que de débattre, s’inscrit dans le cadre de cet échange. Car, vous ne connaissez assurément pas ces jeunes qui donnent de leur temps tout au long de l’année pour le « mieux vivre ensemble » dans notre ville sans ne jamais demander quelque rétribution. Car vous ne connaissez pas les jeunes de nos quartiers. Car, vous ne connaissez certainement pas les conditions de dans lesquelles ils vivent (ou survivent pour certains). Lorsque vous sortez de chez vous, n’ayez pas peur de dire « bonjour » aux jeunes de votre quartier. Je vous assure qu’ils ne mordent pas, qu’ils aient une bière à la main ou qu’ils portent une djellaba.

 

Pour en revenir à la vraie question, le débat, j’aurai préféré que vous participiez à ce débat plutôt que de vous défilez et de rédiger des articles « en douce ». Il s’agissait d’un débat public, libre et démocratique. Je n’ai pas l’impression que qui que ce soit vous ai interdit de prendre la parole. Et toutes les mains qui se sont levées ont reçu le micro. Si, aujourd’hui, vous estimez le « mieux vivre ensemble » en danger, vous en êtes en partie responsable. Plutôt que de vous cachez et d’éviter de vous mélanger, discutez avec les gens. La parole est libre et l’époque de l’inquisition est terminée. C’est assez drôle, pour quelqu’un qui lutte contre la burka, vous portez une burka intellectuelle, une burka sociale.


Vous trouvez l’exposition photographique « provocatrice » ? Les artistes, de tout temps, ont toujours été provocateurs. Et je crois que le résultat recherché a été trouvé puisque cela vous a fait réagir. Mais, ne vous arrêtez pas à cette réflexion et tentez de savoir pourquoi un jeune français de banlieue veut mettre cela en avant. Est-ce lui qui est « violent » ou est-ce le reflet que lui renvoie la société ? Ou tout du moins une partie de la société, dont vous-même apparemment.


Concernant le petit film, nous avons été les premiers – et en public - à regretter le manque de temps alloué à sa réalisation et donc au nombre et à la diversité des intervenants. Mais comme vous ne connaissez pas les gens que vous jugez, peut-être est-il intéressant de vous dire que le jeune réalisateur, bénévole, était en période d’examen et que le montage vidéo est un vrai travail de longue haleine (plus de 10 heures de travail sont nécessaires pour un résultat de 10mn à l’écran).


Malgré tout, sachez que les interventions ont été remise telle qu’elles ont été faites et que ce film reflète totalement ce qui est vécu (ou perçu) par des habitants de notre ville.


Et lorsque vous citez le « Vieil Africain », n’avez-vous pas l’impression de procéder à deux discriminations qui a pu tenir un discours différent, n’avez-vous pas l’impression que cela puisse être déjà en contradiction avec votre argumentation précédente ? De plus, « vieil africain » n’est-il pas une double discrimination ? Cette personne n’est-elle pas française à votre sens ? Mais, je m’arrêterai là car nous reviendrions sur le thème même du débat. D’ailleurs, n’avons-nous pas précisé qu’il s’agissait d’un débat sans fin qui méritait d’être traité et qui ne pouvait toutefois pas se terminer en une seule soirée de séance publique. N’avons-nous pas indiqué qu’il n’y avait ni bonne ni mauvaise réponse, mais que le vécu, le ressenti de chacun nous intéressait. C’est ce que nous appelons un débat riche. Et pour qu’un débat soit riche, il est nécessaire que les gens participent et ils sont libres de le faire… ou de ne pas le faire.


Vous avez pris la liberté de ne pas le faire ! Mais, j’oubliais, il y avait une ambiance « terroriste ». Et peut-être même y avait-il des individus cagoulés et armés jusqu’aux dents qui vous attendaient à la sortie ? Ou peut-être y avait-il des agents secrets envoyés par des groupuscules ? Cessez de fantasmer, vous risquez une crise de paranoïa. Et vous ne vous arrêtez pas en si bon chemin concernant la discrimination ! Bien évidemment, lorsque vous parlez des personnes interrogées pour le film, vous citez les citoyens entre guillemets. Dois-je comprendre que vous n’estimez pas qu’ils soient citoyens. Pourtant, la justice française les reconnaît comme tel et sont français pour beaucoup. Mais, cela vous déplaît-il peut-être ? Vous discriminez et vous ne vous en rendez pas compte. Peut-être pourra-ce vous faire réfléchir sur ce que peuvent vivre les jeunes, qu’il s’agisse d’emploi, de logement, ou encore de citoyenneté apparemment. En quelque sorte, ce débat a permis d’illustrer, grâce ou malgré vous, des questions qui sont réelles et qui méritent d’exister. Dans l’intérêt du « mieux vivre ensemble ». Car « mieux vivre ensemble » signifie qu’il faut mieux vivre ensemble tous ensemble. Et pas seulement mieux vivre avec les personnes que vous avez choisies.


Comble de tout, vous allez jusqu’à accuser Mr Stéphane Beaud - vous aviez pourtant promis de ne pas citer d’autre nom que celui du Maire – d’être en accord avec tout ce que disaient les personnes dans la salle. Et les intervenants dans la salle ne disaient pas non plus la même chose, c’est cela un débat. Vous n’avez pas dû assister à la même soirée ! D’ailleurs, vous étiez là ? Nous ne vous avons pas entendu. La question ne vous intéresse peut-être pas et « la critique est aisée mais l’art est difficile ». Je n’ai pas souvenir que vous ayez traité la question de manière publique comme ont tenté de le faire les jeunes de votre ville, de notre ville.

Vous vous décrédibilisez davantage en citant Mr Stéphane Beaud. Nombreux citoyens (sans les guillemets, jamais) de notre ville, lecteurs ou non de votre blog, ont déjà lu ou entendu les interventions de ce grand sociologue contemporain. Ce monsieur est reconnu (peut-être pas par vous) par ses pairs et les institutions. Mais peut-être est-il devenu soudainement un « terroriste » également ? Vous allez bien vite en besogne et je suis comblé d’une chose aujourd’hui : heureusement que vous n’êtes ni magistrat ni élu ! J’ai l’impression de revivre la « chasse aux sorcières ». Mais je ne tombe pas dans la paranoïa et sais que cela ne concerne que vous et vos compères.

Vous pestez contre une pseudo-rigidité des pensées des jeunes. Savez-vous au moins que les jeunes de l’association ont chacun leurs propres idées et ne suivent aucunement une ligne dictée par quelque structure que ce soit. Ce que vous avez vécu comme un débat politique, a été vécu par les jeunes comme un débat démocratique et citoyen. Il me semble que l’éducation à la citoyenneté est très largement subventionnée par les services publics, qu’il s’agisse de la préfecture ou des municipalités. De ce côté, il n’y a aucun risque pour l’AJN, à l’est rien de nouveau !

Plutôt que d’émettre telle ou telle hypothèse sur le bien-fondé de la soirée, il fallait être présent et prendre la parole ! Les absents ont toujours tort ! Ce n’était pas le meeting d’un parti politique - l’AJN est une association – mais un débat public et démocratique. Mais, ce qui est inquiétant est que ce soit les jeunes de la Ville qui prennent cette question à bras le corps. Pour ma part, pas d’amalgame, une certitude : j’étais présent en tant qu’adhérent de l’AJN. Et je ne crois pas avoir laissé penser le contraire.

Vos petites batailles politiciennes, basses et ridicules, deviennent lassantes et je m’inquiète du niveau de l’opposition politique dans notre ville. Mais, je ne tomberai pas dans votre piège et ne jugerai que vous et ceux qui ont validé votre récit sur leur blog. 

Cessez de parler, agissez pour le « mieux vivre ensemble », agissez pour un débat démocratique sur la question de la représentation des jeunes et de la discrimination. Car sans prendre les affirmations que vous nous prêter, nous serons tous d’accord pour reconnaître qu’il existe un malaise ! Certains voient tout noir, vous voyez tout blanc. Sinon, des institutions telles que la Halde n’auraient pas de raison d’exister.

Et nous vivrions déjà beaucoup mieux ensemble, tous ensemble !

 

Mohamed HAKEM.

 


 

Publié dans Racisme

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dissertation topics 21/08/2009

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hakem souad 18/12/2009


salut hakem mohamed .félicitation pour cette association ,c'est trop formidable de faire quelque chose pour notre cartier .bravoooo.moi en Algérie exactement a bejaia et je suis de ta famille
.merci


hakem souad 18/01/2010


bon je sai pas exactement les activité de cette association ,mais je pense que est une chose formidable .conseil continue commça et félicitation mon causin