Pour le PS de Bagnolet, le temps des colonies n’est pas fini !

Publié le par Goupe des Associations de Bagnolet

Le Parti socialiste de Bagnolet qui a emporté les élections municipales de 2014, avec seulement 35% des suffrages, et une abstention de 49,93%, a violemment attaqué un élu d’opposition du conseil municipal, Brahim Benramdan.

Brahim Benramdan est un enfant de Bagnolet, qui a grandi dans les quartiers populaires de la ville, et qui a décidé de s'engager en politique contre les idées réactionnaires de Nicolas Sarkozy en 2007. Il adhère alors au Parti Socialiste de Bagnolet, au sein duquel il n'est resté que quelques mois, effaré par le paternalisme de cette section envers les Arabes des quartiers populaires. Il se rend vite compte que le PS n'a rien à envier à Sarkozy dans bien des domaines, et décide de partir très vite en cohérence avec ses idées.

Cette article du PS de Bagnolet vient confirmer publiquement ce qui était jusque là caché, dissimulé derrière une communication qui ne trompe plus personne. Le mépris, l’esprit colonial de cette section qui n'a pas supporté de voir Brahim Benramdan contester sa politique municipale.

Tout au long de l'article, les auteurs utilisent le tutoiement, et ne l'appellent que par son prénom, comme lors des contrôles au faciès abusifs de la police contre les populations des quartiers populaires. Brahim Benramdan ne mérite pas le respect qui est accordé à tous les autres opposants, il est éternellement un « jeune », le seul opposant dans la ville avec qui on se permet cela.

Dans l'article il est reproché à Brahim Benramdan d'être un « traitre », la caractéristique typique accolée à « l’Indigène arabe » pendant la période coloniale, vu comme « fourbe » et pas « fiable ». On l'accuse d'être un traitre parce qu’il a quitté la section PS, et parce qu’il s’est présenté dans une liste différente de celle de Marc Everbecq, le maire sortant en 2014. Mais quand on observe de près l'actuelle majorité socialiste, on retrouve 3 anciens élus de Marc Everbecq, dont le maire actuel socialiste Tony Di Martino, ancien adjoint aux Sports, qui a combattu Everbecq ensuite durant la campagne de 2014. Dans ce cas, s’agit-il de traitres également? Ou seul Brahim Benramdan mérite un qualificatif aussi abject ?

Le PS l'accuse de ne pas venir au conseil municipal régulièrement. Or Brahim Benramdan est cheminot et travaille à des heures décalées. Mais sur ce point, soyons indulgents avec les élus du PS car la plupart de ceux qui ont écrit ce torchon ne savent pas de quoi il s’agit exactement, puisqu’ils ne connaissent pas le travail réel. Olivier Taravella, élu socialiste de Bagnolet, est attaché parlementaire de François Pupponi. Marie Collou est également attachée parlementaire de Claude Bartolone. Le Maire socialiste actuel Tony Di Martino, travaillait au conseil général sous la présidence de tonton Claude Bartolone. Comment des Politiciens professionnels qui n’ont jamais travaillé de leur vie pourraient comprendre les contraintes du métier de cheminot ? En sachant par ailleurs que ces politiciens professionnels sont indemnisés pour assister au conseil municipal en tant qu’élus de la majorité, à la différence de Brahim Benramdan, et ça les auteurs du torchon se gardent bien de le préciser…

Ensuite, c'est le bilan politique de Brahim Benramdan qui est mis en cause. Le PS-Bagnolet est tellement méprisant envers les luttes dans les quartiers populaires qu'ils considèrent ces luttes comme n'ayant aucun intérêt. Pourtant, il serait bon pour le PS de se taire et de prendre des notes sur les différentes mobilisations que Brahim Benramdan a impulsées avec d'autres durant son mandat d'élu. Comme le rapporte cet article du parisien, (http://www.leparisien.fr/espace-premium/seine-saint-denis-93/les-deux-cites-fetent-leur-reconciliation-autour-d-un-diner-21-10-2013-3244675.php) où on peut lire l'implication de Brahim Benramdan. Il est à l'origine de la création d'une association pour mettre fin au conflit violent interminable entre deux quartiers voisins de Bagnolet et de Montreuil. Un travail entamé en 2010, et qui s'achève par la réconciliation de ces deux quartiers lors d'une fête en septembre 2013 avec près de 300 personnes.

Grâce au travail de terrain de Brahim Benramdan, ainsi que sa capacité à réunir différents acteurs des deux villes, cette action a ramené la tranquillité et a sûrement permis d'éviter un drame mortel dans le cadre de ces affrontements qui duraient depuis près de 20 ans.

Cette action s'est accompagnée d'un travail auprès des jeunes scolarisés de Bagnolet, Brahim Benramdan a organisé des journées à Sciences Po Paris pour faire découvrir les filières d'excellence destinées aux jeunes issus des quartiers populaires. Un de ses jeunes est aujourd'hui diplômé de Sciences Po Paris et professeur d'université en Ecosse.

Seules les actions comptent, on laisse l'indécence et la bassesse au PS. Cette diatribe d'une violence inouïe contre un élu d’opposition à qui on reproche finalement de jouer son rôle d’opposition, laisse transparaitre une certaine nervosité et une fragilité face au travail démocratique de Brahim Benramdan. Il faut aussi rappeler un autre élément de contexte, c'est la défaite cuisante le 13 décembre 2016 de Marie-Laure Brossier, élue de la majorité socialiste dans son procès d'intimidation politique contre moi. Elle avait été soutenue par tous les élus socialistes de Bagnolet, lors d'un vote pour lui permettre de bénéficier du financement des tous ses frais de justice pour m'attaquer devant la 17ème chambre du tribunal de grande instance de Paris. Une attaque pour m’empêcher d’exercer ma liberté d’expression, aux frais des contribuables bagnoletais, qui s’est soldée par une défaite totale. On aurait pu s’attendre à un peu de décence de la part du PS Bagnolet suite à ce jugement du Tribunal, mais comme le dit le Sage, celui qui a vaincu la honte n’a plus aucune limite…

L'unique élu qui a eu le courage de s'opposer au vote au conseil municipal accordant la prise en charge des frais de justice à Marie-Laure Brossier, c'est Brahim Benramdan. C’est lui que l’Histoire retiendra, et pas le PS. La suite on la connait...

 

 

 

 

Si nous sommes attaqués par l'ennemi, c'est une bonne chose, car cela prouve que nous avons tracé une ligne de démarcation bien nette entre l'ennemi et nous.
Et si celui-ci nous attaque avec violence, nous peignant sous les couleurs les plus sombres et dénigrant tout ce que nous faisons, c'est encore mieux, car cela prouve non seulement que nous avons établi une ligne de démarcation nette entre l'ennemi et nous, mais encore que nous avons remporté des succès remarquables dans notre travail
"

Mao Zedong

Youcef Brakni

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