Dénoncer le racisme n'est pas un délit ! Soutien à Saïd Bouamama et Saïdou ZEP !

Publié le par Goupe des Associations de Bagnolet

Dénoncer le racisme n'est pas un délit ! Soutien à Saïd Bouamama et Saïdou ZEP !

Mardi 20 janvier 2015, deux militants anti-racistes, Saïd Bouamama et Saïdou ZEP, se rendront au Tribunal de Grande Instance de Paris. Ce même jour, l'Agrif, groupuscule identitaire d'extrême droite, se rendra également au TGI de Paris. Un procès les opposera. L'une des deux parties accuse l'autre « d'incitation à la haine ». La logique voudrait que ce soit les gentils qui accusent les méchants d'être méchants. Mais parce que les deux gentils sont Arabes, c'est évidemment le groupuscule identitaire nostalgique de l'Algérie française qui se voit autorisé par les autorités à attaquer en justice les deux militants anti-racistes pour « incitation à la haine ».

 

Ce procès, ce n'est pas le monde à l'envers puisque « le monde » en question est en France, pays où la justice interdit des manifestations anti-sionistes, où la justice envoie des militants en prison pour avoir exprimé leur soutien à la résistance palestinienne, et où l'Agrif peut de temps à autre choisir un militant anti-raciste à traîner devant les tribunaux, l'Agrif ayant déjà été autorisée à attaquer en justice la porte-parole du PIR Houria Bouteldja en 2011.

 

Nous ne sommes évidemment pas dupes du « droit à la liberté d'expression », que nous n'avons pas encore eu le privilège d'exercer. A l'heure où la parole islamophobe est légitimée par les politiques, sponsorisée dans les médias et plébiscitée en librairie, les musulmans savent qu'ils doivent tourner 7 fois leur langue dans leur bouche, puis encore 1000 fois pour être bien sûrs, avant de s'exprimer. On nous refuse même aujourd'hui la liberté de ne pas nous exprimer, toi là-bas au fond je t'ai vu, fais pas semblant de regarder ailleurs, allez dis librement ce qu'on t'a dit de dire (de toute façon on sait ce que t'as derrière la tête, on t'a à l'oeil).

 

Mais la « liberté »» accordée par le pouvoir à « l'expression » islamophobe, comme la criminalisation croissante du discours anti-raciste ne sont pas une fatalité. Elles dépendent du rapport de force politique que nous sommes capables d'imposer, notamment lorsqu'on intente un procès à l'un des nôtres. Plus nous serons unis et solidaires, plus grande sera notre liberté d'expression. Plus nous serons divisés et passifs, plus grande sera la censure, plus insistante sera l'injonction à nous plier au discours dominant, et plus dure sera la condamnation de nos discours militants.

 

Pour dire non à la criminalisation de notre expression politique, soyons nombreux mardi 20 janvier à 13h30 devant le Tribunal de Grande Instance de Paris (4 boulevard du Palais 75001 Paris, métro Cité).

 

Le GAB

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