Qui se cache derrière la LDH Bagnolet / Les Lilas ?

Publié le par Goupe des Associations de Bagnolet

Qui se cache derrière la LDH Bagnolet / Les Lilas ?

Lettre à Monsieur Pierre Tartakowski, président de la Ligue des Droits de l'Homme

 

Monsieur Tartakowski,

Le PUI est un collectif de parents d'élèves, mobilisé aux côtés d'une maman voilée qui a porté plainte contre l'école maternelle Travail de Bagnolet. Cette maman a en effet porté plainte contre la directrice de la maternelle qui, acompagnée de 4 agents de sécurité, lui a interdit d'accompagner sa fillette de 4 ans jusqu'à sa classe.

Nous sommes également mobilisés sur l'affaire Lombardo, du nom de cette élue à l'Education qui est venue soutenir la directrice de l'école (qu'elle-même a qualifiée de "très bonne amie"), en disant à la maman que la directrice avait raison de douter du fait qu'elle soit française, dans la mesure où elle portait un voile.

Finalement, avec ces deux affaires, nous sommes mobilisés sur ce que l'on pourrait appeler un "continuum discriminatoire", de l'école à l'élue. Ces deux affaires bagnoletaises, qui n'en sont qu'une, traduisent assez bien le climat nauséabond qui règne actuellement partout en France, avec un discours islamophobe de plus en plus décomplexé, porté parfois par les institutions elles-mêmes.

Fort heureusement, de nombreuses personnalités et organisations anti-racistes ont dénoncé l'envoi d'agents de sécurité contre la maman, puis les propos islamophobes de Karine Lombardo. Nous savons que la LDH est engagée en matière de lutte contre l'islamophobie, nous vous avons entendu, Monsieur Tartakowski, dénoncer à maintes reprises cette violence lors de conférences dédiées. Mais du côté de la LDH-Bagnolet/Les Lilas, silence radio depuis un mois que dure l'affaire, y compris sur les propos, pourtant clairement discriminatoires, de Karine Lombardo. Que la LDH-Bagnolet n'ait pas jugé bon à l'époque de dénoncer les propos de Karine Lombardo, il n'y a rien de bien grave à cela, on peut considérer qu'elle avait autre chose à faire à ce moment-là. Mais quelle ne fut pas notre stupeur de voir en date du 22 décembre 2014, la LDH-Bagnolet publier un communiqué intitulé "Maternelle Travail : la ligue des Droits de l'Homme refuse les manipulations" pour ... diffamer, insulter et condamner la maman qui s'est plaint de discriminations islamophobes!!!

Après "expertise des faits", la LDH-Bagnolet affirme dans son communiqué qu'un "conflit grave" est survenu entre la maman et l'école mais que ce "différent" (la LDH-Bagnolet a certainement voulu écrire "différend"...) n'a "jamais été en rapport avec la confession, l'identité, l'apparence de la mère d'élève". Malheureusement, malgré toute son "expertise des faits", la LDH-Bagnolet ne nous dit pas avec quoi était en rapport ce mystérieux "conflit grave" entre la maman et l'école. Mais la LDH-Bagnolet, trouve "plus qu'extrêmement dommageable et regrettable que, sous prétexte fallacieux de discrimination, un différent privé serve des intérêts communautaristes". Pour la LDH- Bagnolet donc, c'est certain, la mère ment quand elle parle de discriminations. Pour la LDH-Bagnolet, la mère, aidée par d'autres "communautaristes", a inventé cette histoire de discriminations dans le but de régler un différend privé, mettant au passage en péril, mais ça c'est sûrement un détail, l'avenir de sa fillette de 4 ans.

Pour arriver à cette sentence pour le moins radicale contre la maman, la LDH-Bagnolet dit avoir mené une "enquête sérieuse" et un "recollement d'informations". Or la LDH-Bagnolet n'est JAMAIS entrée en contact avec la maman qui est pourtant la victime qui porte plainte. Jamais non plus, la LDH Bagnolet n'a cherché à prendre contact avec l'autre maman qui s'est plaint de discriminations auprès de l'Inspection académique l'année dernière. Pas d'enquête non plus auprès des nombreux parents qui ont témoigné, dans le cadre de la plainte en cours, de propos clairement discriminatoires de la part de la directrice. Comment peut-on oser parler "d'enquête sérieuse"? Comment peut-on oser parler de "recollement d'informations"?

Une maman se plaint de discriminations islamophobes auprès de l'Inspection académique, porte plainte contre les responsables qui la refoulent à l'entrée de la maternelle, et la LDH Bagnolet choisit de n'entendre que la version de l'école. Pire que cela, la LDH-Bagnolet choisit dans son communiqué de prendre pour argent comptant cette version, en ne prenant aucune distance avec la version de l'école, en ne mettant à cette "version" ni guillemets, ni conditionnel. Depuis quand la LDH considère que seule la version insitutionnelle compte, que la version de la victime ne mérite même pas d'être ne serait-ce qu'entendue? Le moins que l'on puisse dire, c'est que les méthodes de la LDH-Bagnolet pour mener l'enquête ne sont pas dignes d'une organisation qui prétend défendre les droits de l'Homme, elles ressemblent plutôt aux méthodes utilisées par les organisations qui les combattent.

Par ailleurs, dans son communiqué, la LDH-Bagnolet écrit "Très vite, l'académie de Bobigny a proposé une scolarisation de l'enfant dans une autre école maternelle de Bagnolet, qui a été acceptée par la famille". La manière dont les faits sont ici racontés traduisent là encore une malhonnêteté redoutable. En réalité, la maman a écrit en octobre 2014 un courrier à l'Inspection académique pour se plaindre des discriminations islamophobes qu'elle-même, et surtout indirectement sa fille, subissaient de la part de la directrice de l'Ecole Travail et de la maitresse de sa fille. La maman concluait son courrier en demandant le changement d'école, dans l'intérêt de l'enfant. C'est ce courrier, dont l'objet était donc une "demande de changement d'école pour cause de discrimination" qui a provoqué la réunion avec l'Inspecteur académique le 21 novembre 2014. Ensuite, sous la pression de la mobilisation qu'a provoqué l'envoi d'agents de sécurité, c'est la Direction académique de Bobigny qui a dû accepter le changement d'école demandé par la maman. Et non l'inverse comme le prétend la LDH-Bagnolet! Nous avons les courriers, notamment le courrier datant d'octobre 2014 écrit par la maman à l'Inspection académique demandant le changement d'école pour cause de discrimination, qui prouvent que les faits se sont succédés ainsi. Nous les avons mis à disposition des personnes, notamment de militants bagnoletais membres du Parti Communiste et du Parti de Gauche et de plusieurs parents d'élèves, qui voulaient mieux comprendre ce qui se passait. Nous les aurions mis aussi à disposition de la LDH Bagnolet, si elle nous les avait demandés dans le cadre de son "enquête sérieuse".

Enfin et surtout, dans son communiqué, la LDH Bagnolet écrit que "lors d’une tentative de conciliation initiée par l’inspecteur, des individus refusant de décliner leur identité venus accompagner la maman dans l’école à sa demande, ont agressé verbalement, proféré insultes et menaces à l’égard de l’équipe éducative et bousculé une enseignante". Mais d'où sortent ces mensonges? Jamais nous n'avons entendu parler de cela auparavant, pas même de la part de la Direction académique qui sait très bien que la réunion en question a été enregistrée et que l'enregistrement est à même de prouver que les accusations de la LDH-Bagnolet sont totalement délirantes (une des personnes présentes ce jour-là a pris l'habitude d'enregistrer ses échanges avec les institutions ; ces mensonges de la LDH-Bagnolet montrent qu'elle a eu raison d'enregistrer...). Il s'agit là, de la part de la LDH-Bagnolet, de mensonges éhontés, la maman et les personnes qui l'accompagnaient ce jour-là réfléchissent sérieusement à porter plainte pour diffamation. Réfléchir à porter plainte contre la Ligue des Droits de l'Homme pour diffamation d'une maman victime de discriminations... Mais dans quel monde vivons-nous? L'heure est peut-être encore plus grave que ce que l'on croit...

Au sein du PUI, nous connaissons toutes et tous la LDH. Nous avons toutes et tous eu l'occasion à de nombreuses reprises de militer aux côtés de membres de la LDH, sur des causes communes. Nous reconnaissons que les valeurs humanistes et l'honnêteté intellectuelle sont au coeur du combat contre le racisme que mène la LDH. C'est pourquoi nous considérons que le communiqué diffamatoire de la LDH-Bagnolet ne saurait représenter la LDH. Nous sommes persuadés que se cache derrière la LDH-Bagnolet un groupuscule d'imposteurs qui travaille, sous couvert de LDH, à des desseins peu respectables.

Mais étant donnée l'extrême gravité des propos diffamatoires contenus dans le communiqué de la LDH-Bagnolet, nous exigeons auprès de vous que le communiqué daté du 22 décembre 2014 et intitulé "Maternelle Travail : la ligue des Droits de l'Homme refuse les manipulations" soit immédiatement retiré de tous les espaces physiques et numériques où il a été publié. Cette exigence est non-négociable. Le communiqué porte atteinte à la dignité et à l'honneur de la maman, cherchant à la disqualifier et à la salir dans une affaire alors qu'une procédure est en cours. L'épreuve juridique est déjà assez éprouvante pour la maman, sans avoir à subir en plus les délires complotistes d'une section locale soit-disant anti-raciste. Si le communiqué n'était pas retiré, la maman ainsi que les autres personnes présentes dans le cadre de la réunion avec l'Inspecteur académique porteraient plainte pour diffamation contre la LDH Bagnolet/Les Lillas. En parallèle, nous lancerions également une campagne de dénonciation, politique cette fois, contre la LDH dans tous les espaces dédiés à la "lutte contre l'islamophobie".

Par ailleurs, Monsieur Tartakowski, nous ne pouvons que vivement vous conseiller de démasquer et de sanctionner ceux qui ont écrit, en votre nom, ce communiqué qui donne à la LDH au niveau local, un visage répugnant.

Par avance, nous vous remercions de votre retour quant au retrait du communiqué diffamatoire, et vous prions, Monsieur Tartakowski, de bien vouloir agréer nos salutations les plus sincères.

Le P.U.I (Parents d'élèves Unis contre l'Islamophobie)


 


 


 

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