Enquête auprès des militants financés par l'Ambassade des États-Unis

Publié le par Goupe des Associations de Bagnolet

Le 23 mai dernier, à Montreuil, des organisations musulmanes et militantes ont invité en grande pompe à leur dîner-prestige, Madame Dalia Mogahed, « conseillère à la Maison Blanche ». Aux aguets, nous allions courir faire un communiqué-pas-piqué-des-hannetons pour dénoncer cette nouvelle compromission perpétrée par notre avant-garde militante. Quand soudain, Madame Mogahed nous est apparue en photo. Et Ô surprise, elle portait un foulard ! Un sobre foulard blanc, auréolant son visage pieux. Une femme voilée à la Maison Blanche : nous renonçâmes au communiqué !

 

Car certes on peut déplorer que cette dame aide un gouvernement qui ne cherche

à comprendre le musulman que pour mieux le profiler et l'abattre, lui, sa femme et ses deux fillettes à coups de drones.

Mais ne doit-on pas pardonner la trahison, l'aplaventrisme et la crapulerie lorsqu'elles sont le fait d'une femme qui porte un foulard ? Une musulmane n'a t-elle pas le droit de contribuer à l'assassinat de milliers de musulmans, aux pillages des richesses et des terres, à la destruction des traditions et des cultures, à l'humiliation du père sous les yeux du fils, à la manipulation pour diviser et anéantir les peuples, à partir du moment où elle est voilée ?

La question est complexe. La réponse difficile.

Pour notre part, nous ne savions plus quoi penser, les organisateurs et les participants au colloque, militants aguerris, avaient semé le doute dans notre esprit.

 

Décidés à remettre en question notre positionnement anti-impérialiste peut-être trop radical, que déjà le très visionnaire Bernard Henri-Levy en 1993 qualifiait « d'anti-américain primaire », nous avons résolu de mettre de l'eau dans notre Coca®. Nous sommes donc partis à la rencontre de ceux qui, parmi les militants, se sont laissés séduire par le gouvernement US, via l'ambassade américaine ou via ses fondations satellites comme l'Open Society Foundations. Nous leur avons demandé, au delà de l'intérêt financier, quelles étaient leurs motivations à accepter de travailler avec le gouvernement américain. Tous les militants concernés, ayant depuis longtemps vaincu la honte, ont accepté de répondre à nos questions.

Nous vous proposons ici quelques-uns des témoignages recueillis dans le cadre de notre investigation.

 

Kareem H., militant anti-raciste :

« Un jour, j'ai entendu quelqu'un expliquer que l'intérêt de l'Ambassade des Etats-Unis pour les quartiers, en particulier pour les jeunes diplômés noirs et arabes, ne datait pas d'hier, et s'inscrivait dans une continuité historique. Pour lui, l'Ambassade des Etats-Unis ne faisait que reproduire la stratégie qu'elle a menée en Afrique dans les années 60, où elle repérait de jeunes recrues qu'elle formait aux États-Unis, pour les renvoyer ensuite en Afrique se faire les relais du FMI et des Plans d'Ajustement Structurels. J'ai remercié cette personne car elle m'a fait prendre conscience avec force que l'Ambassade des Etats-Unis cherchait à m'instrumentaliser. Et qu'elle cherchait à m'acheter contre de la réussite, du pouvoir, et beaucoup d'argent. Quand je l'ai compris, j'ai immédiatement couru vers l'avion direction Washington pour me faire instrumentaliser bien comme il faut ».

 

Othmane K., militant très radical :

« Moi, quand ils m'ont proposé le séjour aux States, j'ai même pas réfléchi, j'ai accepté direct parce qu'il y avait Beyoncé au programme, je suis fan. Le jour de la rencontre, Beyoncé n'a pas pu venir parce qu'elle gardait sa fille. Mais j'ai vu Lionel Richie à l'aéroport. »

 

Rabhia M., responsable associative anti-négrophobie :

« Je rêvais d'aller aux Etats-Unis parce que j'étais fasciné par le Black Panther Party. J'avais entendu parler d'un collectif à Los Angeles, le « Cleaver group » avec qui je voulais tisser des liens. Ce sont des militants noirs en lutte contre l’État américain et sa police raciste. Dans le cadre du séjour, étant donné le programme chargé, il n'a pas été possible de les rencontrer. Par contre, Madame Crook (de l'Ambassade des Etats-Unis NDLR) nous a présenté un autre collectif, le « Token group ». Eux veulent conscientiser les noirs sur la nécessité de sortir de leur posture de gros fainéants assistés et de se blanchir au maximum pour faire partie de l'élite. On a bien sympathisé, ils nous ont communiqué leur formidable énergie pour que les choses changent, et dans le bon sens. On est revenus avec pleins d'idées de projets à lancer dans le 94 ! ».

 

Saïd O., éminent stratège de la lutte contre l'islamophobie :

« Quand ils sont venus nous proposer les deux projets, « Islam is amazing ! » et « Fier d'être musulman de classe moyenne », ok on a accepté, mais c'était une stratégie. Entre nous je peux te le dire, on leur met la douille aux États-Unis. On va faire genre on prend l'argent, genre on fait le projet avec eux, et bim, on leur met à l'envers ! Ils sont trop naïfs les américains, tu peux trop facilement les manipuler. »

 

Abdel G., militant anti-impérialiste de père en fils depuis 1830 :

« Avant, les Etats-Unis pour moi, c'était le diable : Guantanamo, le soutien à Israël, la ségrégation raciale... Mais Madame Crook (de l'Ambassade des Etats-Unis reNDLR) m'a proposé de venir me faire une idée par moi-même. Alors j'y suis allé, pour voir. Dans le cadre du séjour, Madame Crook nous a emmenés dans une start-up. Y travaillaient des ingénieurs, des noirs, des jaunes, de tout. Ils étaient souriants, millionnaires et très heureux. J'avoue, j'ai été bluffé. J'ai pu voir le véritable visage des Etats-Unis, un monde où 100 % des noirs que madame Crook te montre, ont réussi socialement. Maintenant, j'arrêterai de dire n'importe quoi sur les Etats-Unis, et je remettrai en place tous ceux qui les critiquent violemment, sans jamais y avoir mis les pieds, et qui ne sont que les relais d'une immense machine de propagande ».

 

Salman Z., militant surendetté vis-à-vis de la Palestine :

« Certains crient à la trahison parce qu'on est sponsorisés par Soros (le patron de l'Open society Foundations NDLR), sous prétexte que c’est un spéculateur qui a financé la guerre en Irak. Mais ce qu'ils omettent de dire, c'est que Soros a organisé en juillet dernier un formidable colloque international, dans un centre de thalasso sur la Costa Brava, pour débattre du bien fondé des guerres. Ce fut un énorme succès ! Des universitaires et des militants sont venus de toute l’Europe pour échanger sur cette question et ce d'un point de vue politique, géostratégique et absolument paradisiaque. Donc certes Soros spécule et finance la division et les massacres de musulmans. Mais soyons justes, il organise aussi des séminaires pour que nous, militants ultra-radicaux et grands amateurs de tapas, puissions débattre de tout ça. Ayons l’honnêteté intellectuelle et morale de le reconnaître ! ».

 

Ces témoignages passionnants et émouvants nous ont beaucoup fait réfléchir au GAB. A la suite de l'enquête, nous avons décidé nous aussi d'aller grossir les rangs des Soros Boys. Nous comptons demander très prochainement un financement à l'Open Society Foundations, pour un projet autour de la figure de George Ibrahim Abdallah (GIA).

Nous souhaitons en effet mettre en place une action, cet été, visant à rendre hommage à GIA en nous rendant dans tous les lieux (Île de Bora Bora, Chutes du Niagara, Machu Picchu...) que GIA aurait rêvé de visiter avant de mourir en prison.

Pour ce projet « Hommage ensoleillé à GIA », nous aurions besoin de quelqu'un qui connaît bien les financements possibles pour ce genre de projet militant. Si vous pouvez nous aider, en échange, vous pourrez venir avec nous rendre hommage à GIA. Rigolos s'abstenir. Merci de nous contacter sur notre compte facebook ou directement sur notre site.

 

Le G.A.B (Groupe des Associations de Bagnolet)

Enquête auprès des militants financés par l'Ambassade des États-Unis

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celine 06/07/2014 17:06

Y a rien à dire le projet "Hommage ensoleillé à GIA", je vote pour ! Je suis sûre que ça éveillera grave les consciences
;-)

Leila 05/07/2014 04:42

Chapeau!! ^^